L’assistance était nombreuse en ce jour de souvenir. Et l’émotion palpable. Ce samedi 29 mars, le comité de quartier Orléans – Saint-Marceau célébrait le centenaire du monument aux morts de Saint-Marceau. « Aujourd’hui, en présence des autorités civiles, militaires, des habitants et des enfants des écoles du quartier, nous sommes réunis pour honorer la mémoire de nos soldats, a souligné Benoît Gayet, membre du comité de quartier. Que cette cérémonie soit l’expression de notre profonde reconnaissance et le symbole de notre engagement à transmettre leur souvenir aux générations futures. »
Lors de la célébration, les écoliers du quartier ont apporté leur « pierre » à cette commémoration anniversaire au travers de lectures sur les grandes batailles du front : la Marne, Verdun, les Éparges, L’Argonne, Champagne, Beaufort, La Somme… Les tranchées prennent chair et corps, notamment avec le témoignage de l’arrière-arrière petite fille de Fernand Gaston, mort au combat.
« 283, c’est le nombre inscrit sur ce monument, 283 morts, enfants de Saint-Marceau et d’Orléans, un quartier parmi tant d’autres, une ville parmi toutes les villes de France, et ce nombre reste effrayant car il signifie, dans toute la froideur du chiffre, la terrible saignée de la France pendant cette guerre de 1914-1918, a souligné Serge Grouard, maire d’Orléans. Aussi, je ne peux m’empêcher de penser au combat tout près de chez nous, suite à l’agression de l’Ukraine par la Russie. Et je salue, ici, les enfants car ils sont la garantie que cette mémoire va se perpétuer par la suite, dans la décennie et au-delà, car il n’y a pas de vie en société, de nation sans connaissance de l’Histoire. »
Dans l’assistance, Julien Larere-Genevoix, petit-fils de Maurice Genevoix rendra un hommage poignant à l’écrivain témoin de la Grande Guerre, frère d’armes de « Ceux de 14 ». « Le récit de Maurice Genevoix vous racontera l’horreur de la guerre, les conditions de vie atroces et le sacrifice. Il vous rappellera aussi que ces jeunes hommes n’étaient pas des anciens combattants, et la frontière pour vous, enfants de Saint-Marceau d’aujourd’hui, devient peut-être moins difficile, la marche moins haute si vous acceptez de les imaginer comme des hommes jeunes, forts, pleinde vie, plein de projets, et dont le destin s’est arrêté brutalement. Toute son existence, Maurice Genevoix a considéré qu’il était indispensable de continuer à témoigner. Un monument aux morts, c’est la chair qui souffre, la chair vivante, et fondamentalement, c’est un appel à la paix. Commémorer les morts, c’est bien mais prendre tout leur héritage, tout le poids de leur sacrifice, c’est se rappeler qu’une armée n’est victorieuse que par le sacrifice de ses soldats, de ses enfants alors, n’oubliez pas l’appel vibrant des anciens combattants à la paix. »
À l’issue de la cérémonie, chaque écolier a déposé un petit drapeau tricolore près du monument. Geste simple et symbolique en hommage aux « 283 enfants de Saint-Marceau, morts pour la France ».
M. Prévost