Tendances des recherches actuelles

      Saint-Marceau

      le 02/04/2025

      La cérémonie des 100 ans du monument aux morts 

      Samedi 29 mars, le comité de quartier Orléans – Saint-Marceau a célébré le centenaire du monument aux morts de la place Domrémy. Un moment solennel et émouvant.

      Crédit : J.Puyo

      La célébration des 100 ans du monument aux morts s'est conclue par le chant de la Marseillaise

      L’assistance était nombreuse en ce jour de souvenir. Et l’émotion palpable. Ce samedi 29 mars, le comité de quartier Orléans – Saint-Marceau célébrait le centenaire du monument aux morts de Saint-Marceau. « Aujourd’hui, en présence des autorités civiles, militaires, des habitants et des enfants des écoles du quartier, nous sommes réunis pour honorer la mémoire de nos soldats, a souligné Benoît Gayet, membre du comité de quartier. Que cette cérémonie soit l’expression de notre profonde reconnaissance et le symbole de notre engagement à transmettre leur souvenir aux générations futures. »

      Lors de la célébration, les écoliers du quartier ont apporté leur « pierre » à cette commémoration anniversaire au travers de lectures sur les grandes batailles du front : la Marne, Verdun, les Éparges, L’Argonne, Champagne, Beaufort, La Somme… Les tranchées prennent chair et corps, notamment avec le témoignage de l’arrière-arrière petite fille de Fernand Gaston, mort au combat.

      « 283, c’est le nombre inscrit sur ce monument, 283 morts, enfants de Saint-Marceau et d’Orléans, un quartier parmi tant d’autres, une ville parmi toutes les villes de France, et ce nombre reste effrayant car il signifie, dans toute la froideur du chiffre, la terrible saignée de la France pendant cette guerre de 1914-1918, a souligné Serge Grouard, maire d’Orléans. Aussi, je ne peux m’empêcher de penser au combat tout près de chez nous, suite à l’agression de l’Ukraine par la Russie. Et je salue, ici, les enfants car ils sont la garantie que cette mémoire va se perpétuer par la suite, dans la décennie et au-delà, car il n’y a pas de vie en société, de nation sans connaissance de l’Histoire. »

      Dans l’assistance, Julien Larere-Genevoix, petit-fils de Maurice Genevoix rendra un hommage poignant à l’écrivain témoin de la Grande Guerre, frère d’armes de « Ceux de 14 ». « Le récit de Maurice Genevoix vous racontera l’horreur de la guerre, les conditions de vie atroces et le sacrifice. Il vous rappellera aussi que ces jeunes hommes n’étaient pas des anciens combattants, et la frontière pour vous, enfants de Saint-Marceau d’aujourd’hui, devient peut-être moins difficile, la marche moins haute si vous acceptez de les imaginer comme des hommes jeunes, forts, pleinde vie, plein de projets, et dont le destin s’est arrêté brutalement. Toute son existence, Maurice Genevoix a considéré qu’il était indispensable de continuer à témoigner. Un monument aux morts, c’est la chair qui souffre, la chair vivante, et fondamentalement, c’est un appel à la paix. Commémorer les morts, c’est bien mais prendre tout leur héritage, tout le poids de leur sacrifice, c’est se rappeler qu’une armée n’est victorieuse que par le sacrifice de ses soldats, de ses enfants alors, n’oubliez pas l’appel vibrant des anciens combattants à la paix. »

      À l’issue de la cérémonie, chaque écolier a déposé un petit drapeau tricolore près du monument. Geste simple et symbolique en hommage aux « 283 enfants de Saint-Marceau, morts pour la France ».

      M. Prévost

      Une histoire dans l’Histoire

      Le monument aux morts de Saint-Marceau n’est pas un monument comme un autre. Il présente les particularités d’être situé au cœur du quartier et d’avoir été financé pour sa construction, par les habitants de Saint-Marceau via une souscription. Les plans sont réalisés par Constant Eugène Coursimault, architecte et président du comité de quartier. Le 19 septembre 1921, un décret autorise une souscription auprès des Marcellins. La municipalité d’alors refuse  son érection dans le quartier, préférant qu’il soit édifié dans le cimetière de Saint-Marceau. Les habitants s’y opposent fortement et finalement, le Préfet autorise sa construction à l’emplacement actuel, place Domrémy. Construit pour 33,897 francs de l’époque, il sera inauguré le 19 avril 1925.

      Sur les quatre faces du monument figurent 283 noms d’« enfants de Saint-Marceau », morts sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Ils sont jeunes – à peine la vingtaine pour la plupart -, ils sont artisans, commerçants, employés, ouvriers,  journaliers, domestiques, cultivateurs, vignerons… On compte aussi des instituteurs, des militaires de carrière, des clercs de notaire, des ecclésiastiques… Sur les 283, 137 sont mariés. Comme partout en France, certains foyers sont particulièrement éprouvés par le conflit avec des pères, des frères, des oncles, des fils, des petits-fils « fauchés » dans la fleur de l’âge. C’est le cas pour le couple Auguste Faugouin et Angélique Loiseau qui perdra quatre de ses petits-fils. Ou encore, avec Eugène Pinault cité aux côtés de son fils, Fernand.

      Joël Simon, membre du comité de pilotage de la cérémonie :

      « Mon travail de recherche a été compliqué, long mais très enrichissant historiquement et personnellement. J’ai repris chaque nom mentionné sur le monument et me suis référé au site internet Mémoire des Hommes du Ministère des Armées pour obtenir le numéro dematricule militaire. J’ai ensuite consulté les Archives départementales du Loiret et complété mes investigations auprès des Archives municipales d’Orléans qui disposent des avis adressés à l’époque au maire pour prévenir les familles de la mort du soldat. 
      Ces démarches ont permis de confirmer et compléter les données sur les dates de naissance, les dates de recrutement, le corps d‘affectation, la date, les circonstances et le lieu du décès. Parmi les 283 « Poilus » du monument, 118 étaient nés à Orléans dont 81 à Saint-Marceau, et 25 étaient originaires de départements de la région Centre-Val de Loire. Les autres soldats étaient issus de familles de régions françaises comme celles venues du Nord et du Pas-de-Calais ayant trouvé refuge àOrléans pendant le conflit. Ces recherches ont permis des interventions auprès des classes de CM1 et CM2 des écoles de Saint-Marceau, Maxime-Perrard, du Jardin des plantes, de La Cigogne et de l’association Le Renard et la Rose. Un beau moment d’échange où j’ai pu découvrir un véritable intérêt de la part des enfants pour cette période de l’Histoire, de notre histoire à tous. »

      Un ouvrage pour le souvenir

      À l’occasion du centenaire du Monument aux morts, le comité de quartier Orléans – Saint-Marceau a édité le livet « Orléans – Saint-Marceau, l’Église et le monument élevé à la mémoire des enfants de Saint-Marceau morts pour la France en 1914-1918 ».

      L’ ouvrage, fruit du travail de recherche de Joël Simon, retrace fidèlement l’historique de chacun des 283 soldats disparus mentionnés sur le monument de la place Domrémy.

      Commande auprès du comité de quartier Orléans – Saint-Marceau (28€) - contact@saint-marceau et Comité de quartier Orléans – Saint-Marceau, 39, rue Saint-Marceau, 45100 Orléans.